Allez zou on y va :
"Mais alors bon Dieu depuis le temps qu'on veut savoir, ÇA FAIT QUOI DE VIVRE EN ALLEMAGNE ?".
Comment les allemands voient l'Europe.
Alors bien sûr, nous parlons de l'Allemagne, donc commençons par parler discipline. Parce que ça oui, c'est nouveau pour moi et mes habitudes typiquement méditerranéennes. La discipline en Allemagne, ça n'est pas qu'un cliché et souvent c'est tant mieux. Ici les gens attendent que le petit bonhomme soit vert pour traverser. Et ils attendent vraiment, sans se plaindre, sans stresser, et surtout pas sur la piste cyclable parce qu'ouh la laa il faudrait pas gêner les petits vélos.
De façon générale, l'Allemand est courtois, et très poli. Si quand vous faites les courses la personne devant vous a un cadis rempli et vous n'être là que pour votre bouteille de lait pas de soucis : elle vous laissera passer sans même que vous ayez à le demander. Ici on ne double pas dans les files d'attente, on ne klaxone pas, on peut traverser la route sans regarder parce que de tout façon la première voiture qui arrive vous aurait laissé passer.
Et ici (Ô joie, Ô bonheur) cette discipline fait que toutes les bureaucratie/paperasserie/merderie-de-papiers-à-la-con est bien faite, et surtout vite. Alors oui, il y a probablement plus de règles que chez nous, mais au moins elles sont appliquées efficacement. S'inscrire à la fac ? Un jeu d'enfant. Signer un bail, ouvrir un compte en banque, s'inscrire à l'office de l'immigration ? Les doigts dans le nez, et dans une seule journée. Et en plus si quelque chose est fait avec un peu de retard, on a droit à de sincères excuses et un sourire.
J'ai discuté recemment avec mon prof de saxophone qui a vécu en France et en Italie pendant quelques temps, et qui m'a dit qu'il avait trouvé très curieuse l'expression "c'est plus fort que moi". Il m'a dit que c'était vraiment une des plus belles phrases qu'il ait entendu et il a trouvé génial qu'on puisse parfois excuser notre comportement simplement derrière le fait qu'on est humain. Moi je trouve surtout dommage que cette expression soit souvent utilisée à tort. En Allemagne, chacun est responsable de ses actes. Celui qui fait une connerie ne se cachera pas derrière un "mais j'ai pas pu faire autrement, c'était plus fort que moi", il assumera complètement.
Et le pire dans tout ça, c'est qu'ils en sont contents. On s'entend hein, parce que l'Allemand se plaint beaucoup (presque autant que la Marion), mais une des premières phrases que j'ai eu ici était "mais c'est vrai qu'en France vous faites grève tout le temps ?". "Ben oui". "Mais... pourquoi ?". "Euuuuh... parce qu'on n'est pas contents ?". "Ah. Et c'est une raison suffisante pour arrêter de travailler ?".
Ça fait probablement partie des raisons qui font qu'on trouve souvent l'Allemand froid et distant. Et ça, je trouve que c'est vrai. Mais dans le bon sens du terme : ici, pas d'hypocrisie.
Apprendre à connaitre un allemand, c'est long. Quand je suis arrivée, j'ai trouvé très difficile de ne connaitre personne, vraiment beaucoup plus difficile qu'à Toulouse quand je me retrouve quelque part sans connaitre quelqu'un. Mais une fois qu'on a la chance d'être appelé "ami" en Allemagne, ça a un sens et ça représente sincèrement quelque chose.
Mais je dois avouer que cette froideur du début a un énorme désavantage au quotidien : celui de se demander en permanance comment est-ce qu'on doit dire bonjour aux gens. Non sans rire, c'est ultra compliqué. Ici, ils se serrent la main. Bien. MAIS quand ils commencent à se connaitre, il se font des câlins, dans l'genre "et vient dans mes bras ma poule qu'j'suis content de te voir". Sauf que moi j'y comprends rien : c'est quand qu'on estime qu'on se connait assez pour ça ? La définition varie pour chaque personne. Honnêtement c'est super bizarre, et je crois que même eux ne savent pas trop. Alors j'attends généralement de voir ce qui se passe (c'est à dire rien pour le coup la plupart du temps).
D'un autre côté, les allemands sont aussi très ouverts. Beaucoup plus que nous. Une femme au pouvoir, le mariage gay autorisé, le droit de s'exprimer pour chaque groupe politique ou religieux, ... Je ne compte plus les exemples qui me montrent tous les jours que les allemands ont une ouverture d'esprit à toute épreuve.
Cette photo n'est pas de moi, mais enfin elle montre bien
qu'ici on sait rire de la politique, même pendant le carnaval.
Ensuite, en tant que fille, il faut avouer que vivre en Allemagne a un certain avantage : on se sent mince, petite, et avec des petits pieds. Je m'explique : ici, toutes les filles sont grandes. Vraiment grandes. Les hommes aussi d'ailleurs. Avec mon 1m70, les gens rigolent et me disent que je suis trop mignonne à être si petite. Ce qui fait que les tailles dans les magasins ne sont pas les mêmes ! Elles sont de une à deux tailles inférieures aux tailles françaises. A moi les petits 34 ! Et c'est pareil pour les chaussures : vive le 38 au lieu de mon habituel 40 qui me donne l'impression de pouvoir marcher sur l'eau.
Un autre petit détail qui change le quotidien : les poubelles. Chez moi il y en a quatre : le papier, les emballages en plastique, le compost, et... le reste. Et c'est pareil partout : à la fac, dans les gares, dans la rue, ... Un vrai casse-tête ! D'autant plus qu'ici, tout est consigné. Quand on achète des bouteilles en verre, il faut les ramener au magasin une fois vides pour récupérer des sous. Pareil à la cafet : on boit son café, et une fois fini on ramène la tasse dans une machine spéciale.
De gauche à droite : Le plastique,
le papier et le reste. C'est ma poubelle au travail.
Quand on a fini de boire on met sa bouteille en plastique en (1)
ou sa tasse en (2) et on récupère un petit ticket en (3).
Ce ticket est un avoir pour la caféteria.
Et voilà une sacré différence visuelle : ici, les pubs pour les cigarettes sont autorisées. Et il y en a partout dans la rue, à la télé, au ciné, ... Et bizarrement, même si elles coûtent un peu moins cher qu'en France et qu'il est encore possible de fumer dans certains bars, il y a en Allemagne beaucoup moins de fumeurs que chez nous.
Et puis le meilleur pour la fin : parlons peu, parlons bière. Oooh oui. Ça non plus ça n'est pas qu'un cliché. Vous l'avez d'ailleurs vu dans un de mes posts précédents, la bière il en existe de toutes les sortes et pour tous les goûts. Les rayons bières - même dans les supérettes - sont immense. Mais ce qui est surtout génial, c'est le prix (et il faut l'avouer, de l'alcool en général). En bavière la bière coûte très peu cher parce qu'ils n'ont pas beaucoup de taxes à payer. Alors oui je sais - et je m'excuse auprès de tous les gens qui me rendent visite - je me suis trompée de région. Mais qu'on se rassure, c'est quand même peu cher partout.
Paris --> 4.50 euros
Toulouse --> 3 euros
Bielefeld --> 2.50 euros (pourboire inclus, le prix affiché est de 2.20 euros)
Bavière --> 1.90 euros (pourboire inclus, le prix affiché est de 1.70 euros)
Et ça, je vous jure que ça change la vie. Par exemple la dernière fois je suis allée à une soirée, et j'ai remboursé de 15euros une amie qui avait payé pour moi les 13.5euros d'entrée. Et quand j'ai dit "bah, c'est qu'1.50 euros garde les" elle m'a dit "ah non non, c'est presque une bière !". C'est pas beau ça comme unité de mesure ?
Ah, y a quand même apparement un "petit" inconvénient à vivre en Allemagne (fallait bien que j'en trouve un) mais je ne suis pas allée vérifier.


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