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Jour 336 : Aix-la-chapelle

Il y a quelques semaines (et oui, du retard, encore et toujours du retard) j'ai été invitée à passer un weekend à Aix-La-Chapelle. Pour ceux qui ne sont pas très calés en géographie, 'Aachen' en allemand est située à la frontière entre l'Allemagne, les Pays Bas et la Belgique. 

ça a été un weekend super parce qu'on a été incroyablement génialement bien reçus (et encore, les mots sont faibles). Pour vous expliquer un peu plus, voilà le joyeux petit groupe avec qui je suis partie :


Au milieu il y a Bernhard et Sarah, des amis que j'ai rencontré dans mon groupe de théâtre, et à gauche nos charmants hôtes (Et à droite c'est moi. Et je ne veux pas entendre que j'ai grossi, je le sais. Bref.)

La première journée on a visité la ville. C'est vraiment joli. Et surtout c'était très agréable, parce qu'on a pu essayer les asperges de la région (les meilleures que j'ai mangé de toute ma vie après celles du jardin de papi et mamie), papoter en se baladant, boire un super chocolat chaud, et entendre plein d'histoires sur la ville. Je ne peux pas vous raconter mieux l'ambiance, mais je peux quand même vous montrer quelques photos.




Et le lendemain on est allés faire un tour dans la région pour visiter une carrière. C'était vraiment hyper impressionnant et rigolo. J'ai réussi à monter à moitié d'une structure métallique à travers de laquelle on voit tout malgré le vertige pour faire quelques photos.


(Vous trouvez pas que cette grosse grue sur la dernière photo, si on zoome un peu, ressemble à un gros robot trop mignon ?)

A la fin de la journée on est allés voir le fameux point qui est à la frontière des trois pays. C'était très touristique donc je n'ai pas fait de photo, mais c'était marrant d'avoir un pied en Belgique, un bras en Hollande et le reste en Allemagne.

En bref, c'était un weekend vraiment chouette, j'ai de la chance d'avoir des amis aussi chouette et généreux.

Jour 198 : Attention, matte le long article qui arrive (PART I)

Bonjour à vous.

Oui, ça fait un moment qu'on ne s'est pas vus.

Oui, j'en suis désolée.

Vous allez bien ?

Moi ça va.


Bon, en vrai cet article est le numéro 1 sur 2 articles qui vont permettre de répondre à une question crutiale (que personne ne m'a jamais posée mais enfin si j'ai un blog c'est bien pour écrire des choses dedans) :

Qu'est-ce que ça fait/change/titille de vivre en Allemagne ?


Je pense que cette question se divise en deux partie :
Partie 1 (ce post) : Ça fait quoi de vivre à l'étranger ?
Partie 2 (plus tard, trop de lecture d'un coup abîme le cerveau (ma famille et moi-même en sommes la preuve parfaite)) : Ça fait quoi de vivre en Allemagne ?


Et bien vivre à l'étrangers mes Loulous, c'est une bien belle expérience. Je sais que je ne suis pas partie très loin, je sais aussi que je ne suis pas dans un pays énormément différent du mien et que donc je pourrais m'arrêter là pour cet article. Mais enfin je vais vous faire partager mon petit ressenti personnel.

On dit que quand on part vivre ailleurs, on passe par trois phases : l'excitation de la nouveauté, une forte baisse de régime (probablement dûe au mal du pays) et puis à nouveau de la joie d'être là mais plus dans une sorte de routine. Et je pense que c'est vrai. Comme je suis toujours contente pour tout, la première phase a duré très longtemps et la deuxième beaucoup beaucoup moins. Je suis maintenant dans la troisième.

Je pense que ce que j'aime par dessus tout, c'est que je ne me lasse pas de tout regarder. Quand on est loin de ce qu'on a l'habitude de connaître, on redécouvre tout. Le moindre petit acte quotidien n'est plus le même qu'avant, et on se surprend à faire attention à plein de petits détails ("hey mais c'est super, mon tube de dentifrice est tout écrit en Allemand ha ha c'est rigolo"). C'est peut-être d'autant plus vrai que je fais des photos parce que ça me force à être attentive, mais je suis convaincue que c'est pour tout le monde pareil. On fait attention aux affiches de pubs, à la végétation, aux noms des magasins, à l'architecture des bâtiments, à la têtes des passants et souvent on cherche aussi à savoir si les clichés qu'on avait de ce pays sont fondés. Au final, c'est incroyable le nombre de choses qu'on lit/regarde/dévisage par jour. Et ce qui est génial, c'est que quand on rentre, on redécouvre toutes ces choses dans l'autre sens ("haaaaa mais oui, trop cool, j'avais oublié que Toulouse était si rose. C'est intéressant dis donc").


Oui, on a des arbres rouges fluo et des camion de poste jaunes. 
Tu testes pas les couleurs que tu découvres quand tu vis à l'étranger.


Quand on vit dans un autre pays, on est plus attentif aux autres (et là attention, je dis bien quand on y vit, c'est complètement différent quand on y est en vacances). On fait attention à être poli, on regarde comment agit l'autoctone pour l'imiter, et on écoute toutes les petites histoires/anectodes relatives au pays. On apprend comment il faut faire, comment il faut qu'on se comporte. Ce qui veut dire qu'on est aussi très attentif à une autre culture. Et ça c'est beau. Et ça marche dans l'autre sens. Ça m'est arrivé d'avoir ici des conversations de politique française que je n'avais jamais eu avant. Parce que d'avoir un avis extérieur permet de se remettre en question. J'ai très très souvent entendu "oui mais vous les français vous blablabla" (remplacez "blablabla" par des choses aussi variées que "mangez des grenouilles", "êtes tous beaux et minces", "avez un accent sublime", "puez de sous les bras" ou "n'avez rien compris aux implications de votre pays pendant la deuxième guerre mondiale"). Finalement, j'apprends beaucoup sur là d'où je viens. Et ça aussi c'est beau.

Je n'ai pas souvent l'habitude quand je suis en France de rencontrer des étrangers. Ici non seulement pour moi il y en a partout, mais en plus les non-allemands venus vivre ici comme moi s'organise un peu en communauté. Tous ces gens qui - même s'ils se sentent bien ici - n'ont pas vraiment le sentiment d'être chez eux se regroupent régulièrement. Donc j'apprends vraiment tous les jours, sur tout et n'importe quoi, par des gens du monde entier.



Le cours d'allemand de Nan - mon voisin de cours - venu de Chine.

Je ne sais pas si c'est pour tout le monde pareil, mais moi de vivre ailleurs ça me permet de faire un tas de nouvelles expériences. Je sais que ça parait évident dis comme ça, mais je pense plutôt à des expériences qu'on n'aurait jamais faites avant. Voir un film ou un concert en allemand c'est nouveau, certes, mais pas exceptionnel. Ce qui l'est, c'est que je suis tentée d'aller voir ou d'écouter des trucs pour lesquels à Toulouse j'aurais juste dit "Pourquoi faire ?". Alors ici, je dis oui à tout. Tester un resto ? Oui. Même tester ce truc qui a l'air vivant dans ton assiette et qui risque de te dévorer de l'intérieur une fois avalé ? Oui. Aller voir une pièce de théâtre ? Oui. Même si tu ne comprendras pas un seul mot et que les acteurs auront des oiseaux empayés sur la tête ? Oui. Toujours oui (dans la limite du raisonnable et des stocks disponibles). Quand j'étais à Toulouse, jamais j'ai fait un weekend en ariège ou dans le Gers. Et pas seulement parce qu'il n'y a rien à y faire, mais aussi parce que la télécommande de ma télé était bien moins lourde qu'un sac à dos. Ici, j'ai envie de bouger, de prendre le train tous les weekends et de voir si la pluie dans la ville d'à côté est bien la même qu'ici (même s'il s'avère toujours que oui).


Bien sûr, il y a ces moments très longs où on ne comprend rien. A table pendant les repas, quand on regarde la télé, quand il y a une annonce dans une gare ou un panneau dont on ne comprend que "attention". Au début c'est un peu difficile. Ça rend l'intégration compliquée, parce qu'on ne se sent soudain plus capable de faire des courses ou de comprendre une pub (moi sans déconner j'me suis sentie encore plus bête qu'avant). On stresse de devoir demander son chemin ou si le train dans lequel on est monté est le bon. Bref, au début c'est l'angoisse. Et puis au bout d'un moment... qu'est-ce que c'est relaxant. Je comprends rien de ce qui se passe autour de moi, et je m'en fous pas mal finalement.

Ici, je ne comprends rien aux panneaux. 
Ils interdisent probablement un tas de trucs.

Même quand je vais aux toilettes, je comprends pas toujours ce qu'il faut faire.
(vous noterez les fautes dans le texte en français sur le sachet de serviettes hygiéniques. Ainsi que le fait que nous soyons les seuls à bénéficier d'un point d'exclamation. Doit-on les jeter plus fort que les autres ?)

Et pour toutes ces raisons... vivre à l'étranger c'est fatiguant. Vraiment, c'est épuisant. Je pense en anglais, je vais à un cours d'allemand, je skype en français. Pendant ce temps, j'ai pris un million de photos, regardé tout ce qui se passe autour de moi, écouté des histoires, découvert de nouvelles choses à manger, travaillé sur ma thèse, fait des blagues, lutté contre le froid et tout ça dans un seule journée et en faisant attention au moindre détail. A la fin de la journée, mon cerveau bout. Mais pour l'instant, je changerais ça pour rien au monde.



Si un jour je dois lire les revues qui trainent à mon travail, je suis foutue.
Et Si y a le feu ... Aussi.

Jour 160 : Vivement les vacances

Ce qu'il y a de bien dans un pays où le coucher de soleil commence à 16h (et où il fait donc nuit à 16h30) c'est qu'on profite de la jolie lumière ("voir le bien dans le mal, c'est bien ça, bonne philosophie"). Soit depuis mon bureau (puisque ben oui, à 16h je travaille), soit en ville.


Et aujourd'hui, ta da daaaaam, j'ai eu ma première neige ! J'avais pas prévu les bonnes chaussures, j'ai eu très froid, j'ai failli glisser et mourir, mais ça ne m'a pas empêcher de crier partout parce que c'est trop cool. C'était vraiment trop chouette et joli. 

 

Et puis en ce moment, je jour dans notre pièce de théâtre tous les jours. On est même passé dans le journal, et donc j'ai pu voir mon nom dans un article de journal allemand, et faut avouer que c'est la classe. On joue environ devant 120 personnes tous les soirs, et demain nous avons la dernière représentation. J'ai pris un tas de photos de tous les acteurs, que vous pouvez voir ici :
http://edg-bi-university.blogspot.com/
(tous les articles avec des photos sont de moi)

En voilà une où on me voit :


Et mercredi prochain... je pars enfin en vacances...
On n'oublie pas que même si je ne poste pas très souvent sur ce blog, je mets une photo tous les jours ici :
http://www.flickr.com/photos/mariondunyach
Je vous aime les loulous.

Jour 90 : De l'art de vendre du rêve.

Je sais que vous mourrez d'envie de venir à Bielefeld. Et bien un homme a eu le courage de réaliser ce rêve universel : Jonathan, venu passer quelques jours avec moi. Au delà du plaisir de passer du temps avec moi - et de m'écouter parler pendant des heures des jours après des jours des mois de frustration de ne pas avoir un ami avec qui papoter - je pense qu'il se souviendra avec émotion :

- De quand il a perdu dans le train le poster qu'il devait présenter à la conférence pour laquelle il venait en Allemagne. C'est ce qui arrive quand on a la chance d'arriver à 5h42 du matin et qu'on est un peu fatigué dans le train. Que de bons moments passés à trouver une imprimerie en Allemagne pour en faire un nouveau !

- Des deux rouleaux de PQ utilisés à se moucher puisqu'il avait une crève d'enfer.

- Du fait que Bielefeld est un endroit vraiment dépaysant. Pas de plagiat ici, tout est typique Allemand.


- De la superbe averse qu'on a prise. Je me suis plains de la pluie ici, mais c'était vraiment la pire que j'ai vue ! Et puis subir une averse avec moi peut être long : il faut attendre que je prenne des photos pour imortaliser qu'on se mouillle.


- Du fait qu'une averse allemande n'est pas sans conséquence : il faut emprunter mes chaussures de ski à fleurs parce que les autres sont bien trop trempées, et il faut passer du temps avec un sèche cheveux.


- Des 12h de train pour le trajet du retour, puisque SNCF + BAHN ne font pas bon ménage.

Alors ? Je vous ai donné envie de venir hein hein hein ?




Euh... Et si je vous paye ?