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Jour 7 : petit bilan
Voilà une semaine que je suis arrivée, alors je pense qu'il est temps de faire un petit bilan de comment ça se passe, de si je suis toujours en vie, tout ça.
1/ Bilan intellectuel
J'ai stressé comme une folle dans les premiers temps parce que "oh mon Dieu mais trouver un appart ça va être impossiiible", "J'arriverai jamais à me faire comprendre", "C'est quoi tous ces trucs qui sont écris sur les formulaires à remplir j'y comprends riiiiien", etc etc... Rien n'allait c'était le drame.
Et puis finalement quand je regarde en arrière, je réalise qu'en six jours j'ai eu un nouveau compte en banque, un nouvel abonnement téléphonique, un appart, des inscriptions un peu partout, ... Pas si mal pour quelqu'un qui est tout juste capable d'alligner deux mots (le plus souvent "merci" et "beaucoup") dans la langue du pays qu'elle habite.
Je me mets donc lentement à apprendre les bases. Ma propriétaire par exemple ne parle pas un mot d'anglais, alors je cherche dans mon dictionnaire et je construits (à peu près) des phrases. Je commence à regarder la télé en allemand aussi. Quand je fais les courses, je fais gaffe aux noms des produits que j'achète et j'essaye de demander ce que je cherche en allemand. Et croyez moi, c'est pas facile... Allez choisir de la confiture comme il faut par exemple !
2/ Bilan météorologique
Je ne vais pas m'étendre sur le sujet parce que c'est bien assez douloureux comme ça. Les petits enfants de ma proprio se promènent avec des glaces pendant que moi j'ai envie d'allumer le chauffage. Il y a dans ce monde des gens qui étouffent, trainent sur la plage, et dorment les fenêtres ouvertes pendant que je suis en pyjama sous ma couette. C'est pas SI dramatique que ça, mais il fait tout juste un temps de printemps à Toulouse. Le genre de journée où on a chaud au soleil mais froid à l'ombre, et où en soirée on sort la grosse laine. Le plus embêtant c'est qu'il fait gris à peu près tout le temps (je n'ai jamais eu à mettre mes lunettes de soleil...).
3/ Bilan humain
Je pense que c'est le bilan le plus positif jamais réalisé. Je suis impressionnée de voir à quel point les gens sont gentils et patients.
Mes collègues de boulot me payent mes repas du midi depuis une semaine, à tour de rôle en attendant que je puisse avoir ma carte d'étudiante. Mario (mon directeur de thèse ici) a passé un ou deux coups de fil à ma propriétaire pour des questions pratiques sur l'appartement. Silke, la secrétaire, prend beaucoup de temps pour la paperasse que je représente. Monika, chargée des relations internationales, s'est occupée de me faire visiter des apparts, et m'a expliqué comment marchent un tas de choses. Sans elle, je n'aurais r
ien pu faire aussi vite. Elle vient même chez moi tout à l'heure rencontrer ma propriétaire, pour lui poser et traduire les quelques questions que je ne peux pas baragouiner.
Il a fallu plus de 15min à mon banquier pour me dire "allez, on s'occupe de votre compte". Avant ça, on se faisait tranquillement la conversation, il me demandait comment ça se passait, et on discutait de nos deux pays. Il m'a même accompagnée à la banque d'à côté pour me montrer comment marchent les retraits et les dépôts d'argent.
Quand je suis allée à IKEA la première fois, c'est un vendeur qui m'a raccompagnée en voiture jusqu'à chez moi.
Et je pense que la palme d'or revient à ma propriétaire. Pour l'instant, je n'ai encore rien payé, ni caution ni loyer, mais pourtant je suis bien installée. Le premier jour où je suis arrivée, ses petits enfants (qui doivent avoir je sais pas moi, 7 et 3 ans) m'ont aidée à porter deux ou trois petites choses. Ils sont revenus deux heures après avec une bouilloire et une machine à café toute neuve, qu'elle a achetée pour moi. Puis 10 min après avec du café, et des filtres. A nouveau 10min après avec des torchons, et des serviettes. Le lendemain, (alors que j'ai quand même réussi à fermer ma porte en laissant la clé à l'intérieur et sur la serrure et à déclencher l'alarme à incendie en faisant à manger, dans la même journée) elle m'a amené une énorme part de gâteau pour gouter. La preuve :
En conclusion, je dirai que c'était une semaine pleine de stress et de nuits agitées, mais en même temps, c'est une expérience rigolote et je ne suis pas toute seule. Donc ça va bien.
Jour 6 : AJ, C'est fini...
Et voilà, après une dernière nuit bien mouvementée (car partagée avec trois autres filles qui ont dormi dans ma chambre), j'ai fait ma valise. Faut que je fasse un petit tour chez IKEA pour acheter quelques petites choses de première nécessité et c'est parti, j'emménage CHEZ MOI.
Vous avez quand même le droit de jeter un coup à ce à quoi ressemblais l'auberge de jeunesse (on sait jamais, si vous venez à Bielefeld mais que vous ne voulez pas me voir, c'est une bonne adresse).
Jour 5 : la paix intérieure.
Je pense que parfois, il suffit de se plaindre pour arranger les choses (ce qui est une bonne raison de le faire assez souvent).
Et donc ôôô joie, ôôô Allemagne que j'aime et qui m'adopte, me voilà maintenant remplie de bonnes nouvelles. J'ai un téléphone portable (dont voici le numéro - on sait jamais si vous voulez payer très cher pour entendre ma voix et fatiguer vos doigts à taper tous ces chiffres : 004916096630157). J'ai donc aussi un compte en banque (là par contre, vous n'aurez pas le numéro). Et j'ai... un appartement ! Il est grand, il peut contenir toutes les personnes qui auront envie de me rendre une visite, il est beau, il est pas cher, et surtout il existe ce qui est sa plus grande qualité.
Ça mérite que je vous donne quelques photos de ma fac (même si on est d'accord que ça n'a rien à voir).

Les bâtiments de cours.
En ce moment c'est la dernière semaine avant les grandes vacances,
ils sont donc remplis d'étudiants qui font la queue devant les amphis
pour passer leurs partiels ou qui relisent frénétiquement des fiches.
L'entrée principale.
Le chemin qui mène au tram depuis l'entrée principale.
Jour 4 : Ich bin eine Bielefelder
Pas de photos aujourd'hui, juste quelques nouvelles rapidement.
Bon, globalement, c'est la cata. Enfin... disons que la bureaucratie allemande et mon installation me donnent pas mal de boulot. Démonstration en quelques points :
- Hier j'ai voulu acheter un téléphone portable et ouvrir une ligne (ça parait foufou dit comme ça, mais avant ça, j'ai fait plusieurs magasins pour comparer les tarifs, j'ai eu droit à plein de "ha non non, les contrats c'est pour deux ans, impossible de résilier avant", j'ai demandé conseil partout, ... bref). Je passe du temps à expliquer ce que je veux et puis là "Il me faut votre numéro de compte". Ah bé oui. Je pars à l'AJ, ne trouve pas de RIB, repart au boulot en imprimer un, et je retourne à la boutique. (Entre temps je visite un appart aussi, mais passons ça sera un point suivant, un peu de patience). "Oh, mais ce n'est pas un compte allemand !". Ah bé non. "Vous ne trouverez personne pour ouvrir un contrat sans compte allemand". Ah ok (info que j'ai vérifiée hein).
- Et donc, me voilà aujourd'hui en train de demander comment on ouvre un compte en Allemagne. "Pour ouvrir un compte, il faut être inscrite à la mairie et au service de l'immigration". Ah bon. Je suis partie à la mairie, et c'est donc officiel maintenant, je suis une vraie résidente de Bielefeld, youhouuuu. C'est bizarre d'ailleurs comme inscription. On demande si on appartient à une religion, parce que si oui et si on a un contrat de travail allemand, alors selon notre religion on peut être amené à payer des frais tous les mois. Et c'est pareil si on est marié. Pour le compte en banque, j'ai rendez vous demain.
- Jusqu'à maintenant j'ai visité deux appartements, et les deux étaient nuls. Mais genre vraiment nuls. Le soucis c'est qu'en Allemagne, le meublé ils connaissent pas, mais alors pas du tout. Et les agences de location non plus, ça n'existe pratiquement pas. J'en ai trouvé une dans laquelle je me suis inscrite en leur disant ce que je cherche, mais c'est tout. Les allemands sont même assez choqué de ça - qu'on accepte de payer des frais pour qu'on nous trouve quelque chose. Moi je me suis juste dit que si ils me trouvent un meublé, ils me couteront toujours moins cher qu'une virée à Ikéa et des beaux déménageurs tout en muscles pour me livrer. Pour l'instant je n'ai aucune nouvelle d'eux, mais j'ai un nouveau rendez-vous demain. (vous n'imaginez pas la galère que c'est de visiter l'appart de quelqu'un qui ne parle pas un mot d'anglais. Ça me tarde de voir cet appart mais en même temps je redoute).
- Mon inscription à la fac c'est aussi un vrai parcours du combattant. J'ai dû amener des papiers aujourd'hui (deux fois parce qu'il en manquait la première fois), et ma demande doit être signée par je-sais-pas-qui et par je-sais-pas-qui-numéro-2, avant de pouvoir être envoyée au service de l'international qui me fera à son tour remplir un formulaire qui me permettra de je sais plus trop quoi parce qu'à ce moment là j'ai arrêté de suivre. Oh, et comme je ne suis pas étudiante, le tram me coute 20 euros par semaine, rien que ça.
Bon à part ça (le fait que je n'ai ni compte en banque, ni téléphone, aucun statut là où je travaille, pas d'appart, aucune vie sociale, un porte feuille qui se vide plus vide que celui de Paris Hilton sans le même remplissage, et pas de temps pour travailler) ça baigne. Sérieusement ça va. C'est vraiment chouette d'être ici, les gens avec qui je travaille sont cool, je commence à me renseigner sur comment je vais pouvoir faire de la musique, je fais une sortie musée de plein air dans 2 semaines et pour ne pas trop m'ennuyer le soir je commence à regarder le programme des spectacles. Donc pas de quoi me plaindre.
Ah j'oubliais : Il pleut, et il fait très très froid.
Jour 0 : Me voilà, j'arrive.
Pour ceux qui ne s'en souviennent pas ou qui ont la flemme de chercher sur une carte, Bielefeld, c'est là :

Je suis donc haut, et surtout loin.
J'ai pris le taxi en arrivant à la gare, je me suis faite gronder parce que ma valise était trop lourde, et je suis arrivée à l'auberge de jeunesse pas longtemps après. Elle est très bien située, en plein centre et à côté d'une station de tram qui mène à la fac. Elle est aussi super grande, plutôt jolie, et accueillante. Depuis que j'ai partagé ma chambre avec une jeune grecque qui ronflait plus qu'un camioneur portugais (nan, sérieux, c'était impressionant), je parlerai d'un confort "certes présent mais qui peut vite devenir moyen". Je vous mettrai des photos prochainement (de la chambre hein, pas de la grecque qui ronfle, laisse moi oublier ce souvenir douloureux).
Je suis donc bien arrivée et bien installée. Je vous laisse avec quelques photos de la ville, pour qu'on se mette dans l'ambiance, et qu'on constate que :
1/ C'est joli,
2/ Même un dimanche il y a du monde aux terrasses des cafés,
3/ Mon nouvel objectif photo est une merveille et je l'aime dorénavant plus que tout,
4/ IL FAIT BEAU.
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